Ultra Trail du Vercors

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2015utv
UTV : un doux parfum de revanche
 
Samedi 5 septembre 4h15 du mat’, j’arrive à Lans en Vercors dans ma Clio, le poste radio (à cassette s’il vous plaît) calé sur France bleu Isère. Le thermomètre de la pharmacie indique 2°C…Ai-je bien fait de monter avec mon short et mon tee-shirt B2T, un peu comme si j’allais à un mariage (Lucas & Jean ;-) ) ? il fait nuit noire et le vent est glacial. Les conditions sont idéales pour une balade de 84km et 4300m D+ dans les montagnes du Vercors, quoique….

C’est l’heure de l’UTV. Cette course qui, l’année passée, avait été le lieu d’une belle défaillance de ma part. J’y reviens donc avec la volonté, si ce n’est de faire une bonne course, d’avoir au moins des sensations agréables et de me faire plaisir. Je retrouve sur place les z’amis RV et Steph, partants également pour cette belle aventure, ainsi que, Ô surprise, l’ami JP accompagnée de Manue sa femme. « tu cours JP ? » « non mais on vient pour vous suivre et vous encourager »… Ca fait plaisir, mais je reste sans voix (il est 4h du mat’ !!!!).

Le départ est donné à 5h, et ce sont 400 frontales qui partent à l’assaut du pic St Michel, première grosse ascension de la journée. Ca part relativement vite, je n’essaye pas de suivre car je sais que devant certains gars sont très forts et peuvent tenir ce rythme, mais je sais aussi que d’autres sont partis trop vite et vont le payer par la suite. Je dois donc me situer autour de la 20ème place. Sur la seconde partie de la montée, je commence à doubler quelques intrépides. Au sommet, je prends à peine le temps de contempler, quelques 1500m plus bas, Grenoble by night. Le vent est assez violent et glacial, je plains les 2 bénévoles postés ici, emmitouflés dans leurs doudounes. La descente est plutôt tranquille mais rapidement on quitte le grand sentier pour crapahuter dans un immense pierrier. Pas facile de nuit. La descente est longue et je me dis qu’on descend bien plus bas que le prochain village étape, St Nizier de Moucherotte. Effectivement, il faut ensuite remonter le long du tremplin à ski pour atteindre finalement le premier ravito. Avec ce froid, j’ai très peu bu, je zappe le ravito et repars aussitôt, non sans avoir tapé dans la main de JP et m’être délesté de ma lampe. Il est 7h, le jour est installé. Encore un petit quart d’heure de descente pour rejoindre Engins et attaquer la longue montée jusqu’au plateau du Sornin au-dessus d’Autrans. Mon pote Olive m’avait dit qu’il serait à Engins pour courir un peu avec moi. Mais le rendez-vous était donné à 7h45 et il est 7h15. Tant pis je continue. On m’annonce 10ème , c’est bien mais je ne m’en soucie pas trop. J’essaye de garder un rythme qui ne me fait pas mal aux jambes mais qui me permet quand même d’être dans un bon tempo. Tout est question d’équilibre. L’arrivée sur le plateau est magnifique. Avec le vent dans le dos, je peux allonger la foulée, c’est bon ! le parcours passe par une superbe brèche puis on attaque la longue et belle descente jusqu’à Autrans. Je ne suis pas loin derrière 2 autres coureurs. On arrive pratiquement ensemble au ravito. Un d’entre eux fait ça façon formule 1, tandis que l’autre et moi-même adoptons plutôt le style serviette autour du cou et couverts dans les mains. On repart ensemble et on papote. Il a un rythme plus rapide et il file. Je rattrape ensuite 3 coureurs et on rejoint Méaudre par un sentier au sommet d’une falaise que seuls les sangliers doivent connaitre. L’arrivée sur Méaudre se fait en descendant droit dans la pente les pistes de ski alpin. Ma cuisse droite n’apprécie que modérément et se contracte assez durement. A Méaudre, j’ai la très bonne surprise de trouver Olive qui m’attend. Nous allons courir ensemble 45min environ. Sa présence me booste bien. Ca fait presque 6h que la course a débuté et trouver cette compagnie est importante à ce moment-là. Le parcours ne présente plus de longues ascensions mais plutôt une succession de montées très raides mais assez courtes. Olive me dit que les copains derrière vont bien et qu’il a finalement fait la montée du Sornin avec Steph, à défaut de l’avoir fait avec moi… il aura bien couru lui aussi. Sa petite bouteille de St Yorre me fera le plus grand bien. Il me laisse continuer seul, bien remonté et décidé à finir sur le même rythme. S’en suit une longue descente jusqu’à l’entrée des gorges de la bourne avant une longue remontée jusqu’à Bois barbu. Cette montée est un passage clé. La pente n’est pas trop raide, il est donc possible de courir, mais après presque 7h, il faut quand même se faire un peu violence. J’arrive à maintenir un rythme de course et je démoralise le coureur derrière qui m’avait en point de mire (il me le dira à l’arrivée). Je retrouve ensuite JP et Manue à Corrençon. Je suis 5ème et toujours motivé. Il ne reste que 21km, je me dis que les faire en 3h pour finir en 10h30 doit être possible.
Ca commence à sentir l’écurie (ou la niche, l’étable, etc…). petit passage à Villard de Lans, arrêt express au ravito et c’est parti pour la dernière grosse difficulté. Pas très longue mais alors d’une raideur… heureusement que le terrain n’est pas mouillé, sinon c’était un pas en avant pour 2 en arrière. La dernière partie se fait sur un chemin en balcon avec pas mal de racines et de cailloux. Pas facile d’avoir un rythme régulier. Je me rends alors compte que je cours depuis 9h et finalement une arrivée en 10h devrait être jouable si je ne traine pas. C’est parti pour une fin de course, avec un objectif sub 10h. Ca met un peu de piment. La dernière descente vers Lans est assez douloureuse pour la cuisse droite, mais je sers les dents et je descends en me disant « même pas mal ». J’arrive à Lans, il me reste à traverser le village, c’est tout bon, la dernière ligne droite, l’arche d’arrivée, le speaker, 9h57 à la montre, 5ème au classement.

C’est bon, j’ai mon compte ! à peine le temps de me remettre que je vois débouler mon copain Jackot. Une accolade des plus chaleureuses, je suis vraiment content de le voir ici. Il est accompagné de Valérie. Je reçois quasi immédiatement un SMS de mes parents qui ont scruté l’écran d’ordinateur pour suivre la course en live. Je passe un coup de fil à Nath, elle monte avec les enfants. Petite douche, petit coup de pompe, je me rends compte qu’en fait j’ai faim, alors que d’habitude c’est plutôt l’inverse.

Je profite donc du repas offert. Jackot repars en direction de Villard pour accompagner RV sur la fin du parcours. C’est d’abord Steph qui arrivera à une belle 89ème place (top 100) en 12h52, puis RV en 14h06 à la 152ème place, le tout devant une horde de supporters hystériques (il sait bien faire le show RV sur la ligne d’arrivée). Et comme tout s’enchaine bien, je monte sur la boite pour la récompense de 1er V1 (avec de jolis lots).

Voilà une superbe journée, pleine de paysage de montagne, pleine d’effort, pleine de copains et d’amitié et entouré de Nath et des enfants. Que demander de plus ? Rien, il est 19h30, ça commence à cailler sévère sur le plateau du Vercors, on laisse RV, Jackot, Valérie, JP et Manue ainsi que d’autres copains retrouvés sur place, aller boire des bières et on redescend tranquillement avec les enfants se mettre au chaud.
Finalement cette édition avait bien un doux parfum de revanche.

Commentaires  

#1 M.ROUX 14-09-2015 12:29
Bravo à toi MaX pour cette belle revanche. De mon coté, cette édition reflète une bien belle saison de partage avec des copains. On a fait de belles sorties trail et tri avec jacques,steph, oliv, on a également bien vu laurent C et JPet ça ça me fait vraiment plaisir........ ....Et c'est pas fini
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