Ultra-Trail du Grand-Duc

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Ultra trail du Grand Duc 2015
 
Cette course du Grand Duc 2015 c’est avant tout, un petit coup de sang entre copains…
Préambule : Samedi 13 juin 6h du mat’, St Pierre d’Entremont petite bourgade pittoresque au beau milieu de la chartreuse. On part avec Jackot, RV, Steph, Olivier et Laurent pour une rando – course qui doit nous mener au Grand Som par le superbe sentier des 120 lacets (col du Frêt) puis les crêtes jusqu’au Sommet avant de redescendre par le col de Bovinant et la combe des Eparres (4h aller-retour en alternance course - marche). Magnifique. Le temps est splendide et la Chartreuse est radieuse. Nous avons reçu dans la semaine un mail nous indiquant que les inscriptions pour le Grand Duc étaient prolongées jusqu’au 15 juin. Jusqu’à présent seul Jackot est inscrit. Au sommet du Grand Som à 8h du mat, la chartreuse nous fait les yeux doux avec le Mont Blanc au loin, le majestueux monastère juste au-dessous de nous. Avec Steph on se regarde, on se comprend, le Grand Duc ne partira pas sans nous.

Le défi va être de taille car faire les 87km et 4500m D+ du grand duc, ce n’est déjà pas rien, mais quand il s’intercale entre le triathlon de Cublize et le tour des glaciers de la Vanoise, là ça commence à devenir intéressant… On connait l’issue de la mise en bouche Cublizienne et la terrible déconvenue de Jackot. Finalement Steph et moi sommes les seuls rescapés. Steph est de retour en forme après quelques pépins tendineux achilliens, quant à moi, même si je pense avoir bien récupéré de Cublize, je sens bien qu’il me manque de l’endurance pour cette course qui risque de durer plus de 10h. Bref, humilité est le maître mot sur la ligne de départ ce dimanche 28 juin à 5h du mat’. Finalement un autre mot va être à l’honneur : chaleur. Si l’année dernière la course s’était faite sous des trombes d’eau, ça ne sera pas le cas cette année. Soleil et chaleur sont annoncés. Pas certain que cela soit mieux…

La bonne surprise est de voir Jackot présent sur la ligne de départ. Il n’a pas pu s’en empêcher le coquin. 5h le départ est donné dans une ambiance feutrée malgré les 200 participants. On se souhaite bonne chance avec Steph et chacun part dans sa course à son rythme. Les premiers kilomètres sont tous plats et déjà un groupe de 6 coureurs se détachent à une allure beaucoup trop rapide pour une heure si matinale. Le passage au milieu des grottes de St Christophe, ouvertes spécialement pour l’occasion, est un moment fort, tout comme le passage sur les crêtes, agrippé aux cordes, quelques 1200m plus haut. Cette première grande ascension s’est bien passée, malgré une petite erreur de parcours en raison d’un balisage un peu léger à un embranchement. Au Désert d’Entremont je retrouve Jackot qui se mue en suiveur officiel. Il me tend une bouteille d’eau, prend quelques clichés et m’encourage. A St Thibaud de Couz après environ 15km très accidentés mais splendides il sera encore là pour m’aider à remplir mes réserves d’eau. C’est une bonne idée car la longue ascension suivante jusqu’au Mont Grêle est exposée au sud et même s’il n’est que 9h15 du matin, ça cogne déjà pas mal. Au sommet je vois un coureur assis sur le bord du chemin, victime d’une belle défaillance. Quel dommage de se brûler les ailes si tôt.

Une interminable descente de presque 13km s’annonce. Je suis prudent car les cuisses commencent à être raides, mais sans aucune difficulté technique cela se passe plutôt bien. C’est un peu moins agréable lorsqu’on emprunte un long passage goudronné. Finalement il est 11h40 lorsque je repasse à l’endroit de départ (le parcours fait 2 boucles en « 8 »). Nath et les enfants ont rendez-vous avec la famille de Steph pour faire un picnic sur cette aire de passage. Mais seule Adeline (la femme de Steph) est là avec ses enfants. Jackot n’est plus là, il est rentré se poser mais je pense bien à lui. Je prends mon temps pour recharger en eau, bien m’arroser la tête et je repars un peu déçu de ne pas avoir pu embrasser les ptits chats. Mais la surprise intervient à la sortie du village. Je vois débouler sur un trottoir toute la ptite famille. Ils se sont garés après avoir reçu un sms d’Adeline les informant que je quittais la zone de ravitaillement. Je prends le temps d’embrasser tout le monde (seule Lison aura la franchise de me faire remarquer : beurk t’es tout mouillé…) et je repars le cœur léger et l’esprit serein, mais pas pour longtemps. En effet à cette heure méridienne, la chaleur est plombante d’autant que je suis sur une partie sans ombre et sur goudron qui plus est. En pratiquement 1h de temps je liquide pratiquement toutes mes réserves en eau. Ca sent pas bon la déshydratation tout ça… surtout que j’entame juste la longue montée de 1000mD+ jusqu’au plateau d’Arpison. Petit moment de doute, petite chute de moral. Je marche, je n’arrive plus à courir. Finalement le sentier se rétrécit, la pente augmente, la marche s’impose et j’entre dans une partie boisée dans laquelle la relative fraicheur est appréciable. Voilà, après 30 bonnes minutes de doute, je reprends goût à l’effort et j’entame une marche dynamique jusqu’au prochain ravito. Arrêt prolongé pour bien recharger le liquide et le moral et c’est reparti pour la fin de l’ascension puis la longue descente assez technique jusqu’à St Laurent du Pont. Je croise au passage des sœurs sorties de leur couvent de Piquetière, pittoresque. Arrivé à St Lo, comme on dit ici, il ne reste « plus que 20km ». Les grosses ascensions sont derrière moi et le profil est plus colline. Malgré tout, avec les kilomètres et des parties ombragées plus rares, il n’est pas toujours facile de courir. Par contre, je trouve beaucoup plus de points d’eau, de fontaines, et à chaque fois c’est le grand plouf pour rafraichir la carcasse ! Sur les derniers kilomètres je garde une allure modérée mais agréable qui me permet de rallier l’arrivée en 9ème position en 12h38 avec le sourire et la sensation du devoir accompli. Contrairement à l’année dernière où j’avais couru près de 50km avec un autre coureur, cette version aura été nettement plus solitaire. J’ai du mal à me sentir compétiteur dans des courses de cette distance, mais voilà un beau challenge relevé.

A l’arrivée je retrouve pas mal de connaissances, et ça papote et ça papote. J’adore ces moments d’après course. Je file quand même me mettre les jambes dans la rivière (le Guiers) qui passe juste en contrebas et je rentre à la maison où la famille m’attends. Les jambes sont bien raides et j’ai des allures de papy Nono pour grimper les escaliers.

Steph ira aussi au bout de son grand duc avec une bien belle 41ème place. Je suis très content pour lui qui n’avait pas pu aller au bout l’année dernière. Il gagne par cette occasion ses galons de sympathisant B2T ! il aurait dû en être d’ailleurs depuis bien longtemps étant un copain de sport de la première heure.

J’apprendrai en rentrant que Lison a failli se noyer dans la rivière lors de leur picnic, mais heureusement Nath veillait et a sauté toute habillée dans l’eau…
Bref, tout est bien qui finit bien.

Commentaires  

#2 Jipé 29-08-2015 21:38
Quod est tibi nominem juve ? Maximus ?? Hic dixit "Veni, Cucurri, Vici" Bene! ;-)
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#1 Romain 10-08-2015 10:14
Super les gars et bravo :sigh: ROMAIN
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