SaintéLyon

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2015saintelyon
The cherry on the cake...!!
 
Dernière course de l’année, la Saintélyon est devenue un évènement incontournable dans le calendrier des courses du B2T depuis quelques années. Ceci grâce à plusieurs raisons que ce compte rendu vous fera bien comprendre. La saison 2015 fut une bien belle année sportive : des belles courses, des belles rencontres, des bons moments. Il n’en reste plus qu’une mais pas des moindres. J’ai beau me dire que quoiqu’il arrive sur ce fameux pèlerinage entre Sainté et Lyon, la saison sera belle, je n’ai quand même pas envie de passer à côté d’une belle course avec de belles sensations et pleins d’émotions. L’incertitude de cette course demeure sur les conditions climatiques. Froid ou très froid ? pluvieux ou neigeux ? sol gelé ou sol boueux ? les conditions sont rarement clémentes à cette époque de l’année, la seule chose dont on est sûr, c’est qu’il fera nuit.

Le récit débute à quelques heures de la course. Nous sommes le samedi 5 décembre et après une journée bien tranquille passée chez mes parents. Je commence à préparer le repas pour 11 personnes. Au menu, Potage Courge – chataigne, riz et blanc de Poulet, fromage et compote.
Parmi les convives on retrouve :
- des coureurs : Ludo, Yoan, Steph et RV
- des inaptes à la course mais quand même présent pour participer d’une autre façon à cette grande fête : JP (victime d’une rupture d’un ligament de la cheville à 3 semaines de la saintélyon, dur dur) et Jackot (pas encore complètement remis de ses soucis estivaux).
- des supporters : Nath, Céline et mes parents.

A 19H30 tout ce petit monde arrive confortablement installé dans la bétaillère de Jackot spécialement affrétée pour l’événement. L’ambiance monte soudain. Tout ça conjugué avec des SMS d’encouragement et des coups de fils, pas de doute, on y est enfin ! Le repas se déroule dans une ambiance hilarante, tout le monde est en très grande forme ! on ne voit pas le temps passer. Il faut quand même penser à se préparer. Le salon de mes parents est transformé en vestiaire. Sempiternelle question : comment s’habiller ? dehors il ne fait pas trop froid (environ 5°C) mais la nuit va être longue, on passera par des endroits exposé au vent et au petit matin sur Lyon, les gelées sont fréquentes. J’opte finalement pour une tenue légère : Short, 2 Tee shirt + une paire de manchettes. JP et Jackot nous emmènent sur le départ et vont essayer de suivre la course. Je leur ai donné rendez-vous à Soucieu pour renouveler ma réserve en liquide. Ma mère et Nath sont aussi parties sur le départ pour voir ce joli spectacle de quelques 10000 frontales qui s’enfoncent dans la nuit. Arrivé sur place Ludo retrouve son coach qui va le suivre à chaque point de ravito avec céline. Quant à nous, on pose les sacs à la consigne et on file sur la ligne de départ. Il est 23h40 et c’est blindé de monde. On a perdu RV mais avec Yoan et Steph on se faufile pour se positionner non loin des premières places réservées aux élites. Cette année, le plateau est vraiment très dense. De l’avis de plusieurs, c’est la première fois qu’autant de bons coureurs sont présents sur la ligne de départ.

Minuit, le départ est donné, comme d’habitude dans une ambiance chargée d’émotion. Le temps de se souhaiter bon courage avec Steph et Yoan et c’est parti. Yoan part à vive allure et se faufile pour combler le retard pris sur la tête de la course. Il m’incite à le suivre, ce que je fais. Sur le côté de la route, je vois ma mère et Nath, pas possible de ralentir, je leur fais coucou en espérant qu’elles seront un peu plus loin à Sorbiers. Yoan part vraiment vite, au bout d’1km environ, je décide de ne pas poursuivre sur ce rythme. Sans échauffement et avec ce qui nous attend, je lève un peu le pied. Dans une petite montée, je vois sur le bord de la route un coureur qui marche à contre sens… Mince, c’est Ludo ! Terrible. Son mollet, avec lequel il était en délicatesse depuis une semaine, n’a pas tenu. Il a le regard noir. Je m’arrête. La question que je pose est forcément stupide mais bon… je repars avec le sang un peu refroidi. Je vais penser à lui pendant un bon moment avant de me remettre dans ma course. C’est vraiment moche ce qui lui arrive, surtout après ces soucis de l’été. Espérons que cela ne soit pas trop sérieux. La partie jusqu’à Sorbiers, assez plate et en goudron, se passe sans grande sensation. Dans la montée du village Jackot et JP sont là pour donner de la voix. Je ne les attendais pas là. Sympa ! un peu plus loin dans une montée assez raide et sans éclairage. Nath, ma mère et des amis à mes parents sont sur le bord de la route. Cette fois je m’arrête pour faire la bise à tout le monde. Nath me dit de me dépêcher car je perds des places… Elle est à fond ! On attaque ensuite les chemins. La Saintélyon commence vraiment. La montée jusqu’à St Christo se fait assez prudemment. Les sensations ne sont toujours pas excellentes, donc je ne force pas trop l’allure. Arrivé au village, je suis agréablement surpris de voir que je passe en 1h08. Ce n’est pas si mal. Sur le tronçon entre St Christo et Ste Catherine, les sensations commencent à venir. Je rattrape quelques coureurs. Passage à Ste Catherine en 2h11 dans un tempo qui me va bien. Je prends au passage un peu de coca et quelques tranches de banane. Dans les ruelles du village je scrute la présence éventuelle de mon cousin Guillaume qui m’avait dit qu’il serait peut-être présent. Mais personne en vue. En même temps, il ne fait pas chaud et surtout il est 2h du mat’ ! Le tronçon suivant, entre Ste Catherine et St Genoux, est le plus beau, le plus sauvage et le plus vallonné. Et au milieu de ce tronçon, THE BIG SHOW !! la bande d’illuminés (au sens propre comme au sens figuré) du trail des coursières s’est installée dans la montée du signal de St André, et donne de la voix et de la cloche à chaque passage de coureurs. Magique ! Je commence à connaître pas mal de monde dans cette troupe, j’ai donc droit à une ovation fournie. Ca fait chaud au cœur et ça booste le rythme pour quelques minutes, le temps de passer de l’autre côté de la colline et de ne plus entendre leur déferlement d’enthousiasme. Sincèrement, ce moment restera comme un grand moment de cette course, merci à tous ceux qui étaient à cet endroit. J’ai même reconnu (un peu trop tardivement) mon cousin Guillaume, qui avait finalement opté pour la convivialité de ce groupe, bon choix et merci à lui d’être resté si tard dans la nuit et le froid.

Les kilomètres continuent de défiler. Passage à St Genoux, ravito banane – coca express. Je ressens parfois quelques petites baisses de régime mais rien de bien sérieux. Je me remotive à chaque fois en rattrapant des coureurs un peu trop ambitieux, partis rapidement et qui sont maintenant « à pied ». Sur la longue portion de goudron pour arriver à Soucieu, je tente d’allonger la foulée. Les jambes répondent. C’est la première fois qu’à ce moment de la Saintélyon, j’arrive à courir avec cette foulée. C’est grisant. Au gymnase de Soucieu JP et Jackot m’attendent. Réapprovisionnement en liquide. Quelques petits mots d’encouragement. Et Yoan ? il est passé il y a environ 10min, en plein forme. Super, il est en train de faire une très belle Saintélyon. Il ne reste plus que 22km à faire. Mais l’année dernière cela avait été terriblement long et douloureux. Mais c’était l’année dernière… là, même si les muscles commencent à être raides après 4h20 de course je sens que je peux encore donner. Je continue donc, assez prudent dans les descentes, souple dans les montées et j’essaye d’être rythmé sur les portions de plat. Passage à Chaponost, plus que 10km. Le petit sentier dans le parc est avalé à bonne allure. La suite sera un peu plus compliquée. J’attends la montée de Beaunant, mais elle ne vient pas. Je commence un peu à piocher et mon allure diminue. Je m’accroche parfois à des allures de coureurs en relais qui me doublent et qui m’encouragent. La voilà enfin cette montée si raide. Je l’attaque en courant mais contrairement aux autres années, je n’ai pas dans l’idée d’arriver en haut en courant coûte que coûte, je me mets donc en marche rapide. C’est presque aussi efficace, ça me repose un peu et me permet de relancer plus efficacement ensuite. Dernière descente sur Lyon. Je rattrape à ce moment-là Didier Verchère qui m’encourage. Je l’incite à s’accrocher mais il semble cuit et de mon côté je retrouve des bonnes sensations. Les 3 derniers km seront faits rapidement, évitant tout retour intempestif de coureurs (et j’ai bien fait car derrière les autres n’étaient pas loin).
Arrivé dans la Halle Tony Garnier en 6h16, 31ème position et 6ème V1.
JP, Jackot et Yoan sont là. Yoan est passé sous la barre des 6h, 5h56 exactement et 16ème. Rien à dire, LA CLASSE à l’état pur !

Je suis bien content de cette course, bien gérée, même si avec un peu de recul et avec la bonne forme que j’avais, j’aurai peut-être pu prendre un peu plus de risque pour flirter avec le chrono de 6h. Facile à dire maintenant…
On prend le temps de bien papoter avec Yoan, de se raconter nos sensations et de se remémorer les belles sorties de préparation effectuées ensemble, parfois dans des conditions « épiques ». On récupère nos sacs. Yoan rentre avec son père dans sa famille, tandis que je rejoins Jackot et JP pour attendre mon père qui doit arriver avec Ludo et Céline. Jackot et JP sont bien claqués par cette nuit blanche. Dur dur de trouver la route, d’attendre dans le froid. Merci à eux, et je suis bien content d’en avoir profité cette année car l’année prochaine j’espère qu’ils seront avec un dossard sur le dos. Mon père, Ludo et Céline arrivent vers 7h20. Ludo boite et n’a pas trop le moral. Je suis bien déçu pour lui. Surtout qu’il avait les moyens de faire quelque chose de bien sur cette course. Enfin, la blessure fait partie de la vie d’un sportif, qui plus est de très haut niveau comme lui. JP et Jackot attendent maintenant Steph et RV. Tandis que Ludo et Céline repartent en Savoie et que mon père et moi rentrons retrouver la petite famille autour d’un bon p’tit dèj. Le bonheur !
Steph arrivera en 8h37, bien fatigué et limité par une préparation trop légère. Mais finalement ce n’est pas si mal de mettre ce temps là quand on a passé plus de temps sur le chantier de sa maison que sur les chemins, baskets aux pieds. RV mettra lui 9H42, une nouvelle fois finisher, rien ne l’arrête. De l’avis de tous (hormis Ludo biensûr), ce fut une belle course, un grand moment de sport et surtout un excellent moment de partage et de convivialité. Tout le monde remercie chaleureusement mes parents pour l’accueil et pour la soirée d’avant course. Je sens que l’année prochaine on se retrouvera encore ensemble. En espérant que JP et Jackot seront au départ et à l’arrivée et que Ludo pourra accrocher cette course à son palmarès.

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