Saintélyon

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saintelyon2013
60ans pour un évènement sportif amateur… c’est pas mal quand même.

J’avais bien envie d’y participer même si la préparation aura été très courte cette année, à cause d’une vilaine chute en vélo lors d’un triathlon fin septembre.

22h45, Nathalie et ma mère nous accompagnent, avec mon pote Hervé, sur le site de départ. Le temps de déposer les sacs à la consigne, de se souhaiter bonne chance et nous voilà dans nos sas respectifs. Le speaker fait monter l’ambiance et l’émotion à quelques minutes du départ. en nous demandant d’avoir une pensée pour un coureur décédé d’un cancer cette année et qui avait fini 5ème de la aintélyon l’année dernière alors qu’il était en chimio. Peu avant de s’en aller, ce coureur avait prononcé ces paroles : « je ne demanderai pas aux médecins combien de temps il me reste à vivre, mais s’ils me disaient 5h30, alors je partirai faire une saintélyon… » Grosse, grosse émotion, qui m’a trotté dans la tête un bon moment de la course et qui nous fait prendre conscience de la chance d’être sur la ligne de départ. Une pensée aussi pour mon pote Ludo, occupé en cette fin d’année à bosser sur le chantier de sa maison. La saintélyon sans lui c’est pas pareil !

Minuit pile : PAN, c’est parti. Tout de suite le rythme est rapide, les sensations sont bonnes alors je suis le mouvement (sauf celui des élites). A la sortie de Sorbiers et juste avant de fouler les premiers chemins, Nathalie et ma mère sont sur le bord de la route pour m’encourager, il est presque 1h du mat’... Ca donne des ailes. Dès les premiers chemins le vrai décor est planté, neige dure et plaques de verglas sont bien présentes. A la montée, ça se gère mais à la descente déjà 3 coureurs sont sur le ventre, ou le dos, bref, je suis d’une prudence extrême. Je ne suis vraiment pas à l’aise, les appuis sont difficiles. Je décide donc de sortir les crampons achetés dans la semaine. Je prends le temps de les mettre correctement, et là je me rends compte que l’investissement est très rentable. Le temps perdu à les mettre est vite rattrapé car les appuis sont nettement meilleurs. Je prends même du plaisir à courir sur les parties un peu dures. Plus on se rapproche de Ste Catherine et plus les zones de neige sont clairsemées. On se trouve même parfois dans des chemins très boueux, certains sont carrément transformés en ruisseau. Ca glace un peu les orteils. Tout comme la bise glaciale sur les crêtes. Mais bon on court donc on n’a pas trop froid.

Arrivé à St Catherine (km30), je vois Pierrick mon cousin qui fait la course en relais. Un p’tit coucou et ça repart. On se rapproche des 3h de course et le manque de sortie longue cet automne commence à se faire sentir. Les cuissots sont durs et la foulée est beaucoup moins légère. Dans la montée du bois d’Arfeuille, je garde quand même la motivation pour courir car j’entends au sommet, une bande d’allumés (à vous de prendre ça au propre ou au figuré, en fait c’est un peu des deux vu qu’ils avaient fait un feu) qui encourage avec un enthousiasme débordant tous les concurrents. Il s’agit des organisateurs du trail des coursières des hauts lyonnais, parmi lesquels se trouve mon oncle Yves. Si l’ambiance de leur course ressemble à celle qu’ils ont mise toute la nuit sur la saintélyon, je signe tout de suite pour y participer… Après un très chaleureux encouragement de mon oncle, je repars bien remonté dans la nuit et les chemins jusqu’à Soucieux. Le manque de lucidité commence quand même à se faire sentir et sur un chemin en léger dévers, je glisse sur du verglas. Pas le temps de poser la main, c’est la tête (oreille + joue) qui font office d’amorti. Je me relève mais ça tourne un peu. Je suis un peu sonné. Je marche quelques minutes puis recommence à courir doucement. Le mal de tête passe progressivement. J’essaye d’oublier rapidement cet épisode, malgré tout le rythme restera faible jusqu’à Soucieux. J’ai hâte d’y arriver, mais chemin est nouveau et bien plus difficile que les années d’avant. Plus long aussi. Mais c’est une belle amélioration. L’arrivée sur Soucieux est interminable et quel plaisir de voir Alice le long du chemin à côté d’un feu. Je prends mon temps, mets les pieds dans du propre et du sec. Après ça je suis prêt à faire les 20 derniers kilomètres. Le moral est au top, les pieds tout confort. La fin du parcours n’est pratiquement que sur goudron. C’est moins ludique, mais c’est bon j’ai eu ma dose, j’apprécie ce revêtement sûr. Comme à chaque fois, je relève le challenge de courir durant toute la montée de Beaunant…Je me rappelai que c’était pentu, un peu moins à quel point elle était longue cette bosse ! L’arrivée sur Lyon est bien mieux que par le passé. On reste plus longtemps dans des petites rues et on évite les longs bords de fleuve interminables. Direct au Palais des sports ! 6h54 à ma montre. Je suis bien cuit. Je récupère un peu, boit un thé chaud et envoie un message à mon père pour lui dire que je suis bien arrivé. Il me répond dans la foulée qu’il vient me chercher. Le temps de récupérer mon sac et de mettre des affaires secs et chauds, de papoter avec mon cousin qui a fait le dernier relaisi de son équipe et il est 8h quand je retrouve mon père. On file chez mes parents, 9h juste au moment où les enfants, Nath et ma mère se lèvent. A 9h15 on est tous autour de la table pour le petit dèj’. Il fait beau, la journée commence, Impeccable ! Les jambes sont très raides mais on profitera quand même du soleil pour aller se promener… tout doucement…

Une grosse pensée pour mes 2 cousins sur la course, Pierrick avec 3 autres potes sur la formule relais et Manu sur la Saintexpress. Il s’est mis à la course à pied seulement cet été et a réussi son pari d’être finisher sur cette course de nuit en hiver. Il y a plus simple pour commencer la course à pied non ? Bravo Man !

Vivement l’année prochaine.

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