Circuit de la Sure

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Circuit de la Sure (Voiron)
 
Un départ du joli site de la Brunerie à Voiron pour une arrivée au même endroit 55km plus tard et quelques 3500m gravis et donc forcément dévalés. De quoi se faire plaisir mais aussi mal aux cuisses.
Magnifiquement organisé par l’association « Objectif Sure » constituée d’un groupe de passionnés et fort sympathique, ce trail est considéré comme un des plus exigeants de la région. Il se découpe en 3 tronçons assez distincts. Un premier tronçon assez tranquille qui permet de se mettre en jambe, un second tronçon au profil très montagneux, technique, corsé, qu’il convient de bien gérer pour ne pas sombrer sur le troisième tronçon parsemé de pièges plutôt raides… Possibilité de faire le parcours en solo ou en relais par 3.
Départ assez tranquille à 6h du mat’. Comme d’habitude mon pote RV est dans le peloton. Je prends la tête en compagnie de Nathanael Thamaillon, un jeune coureur au pedigree « intéressant » (2h35 au marathon et 32’ au 10km, les connaisseurs apprécieront). Derrière, parti plus prudemment se trouve Olivier Soriano, vainqueur l’année dernière et qui connait le parcours.
A 3km environ de la fin du premier tronçon, un moment d’inattention couplé à un balisage mal interprété (plusieurs coureurs feront la même erreur que nous), et hop avec Nathanaël on file tout droit au lieu de prendre à gauche. Le temps de se rendre compte de notre erreur et de faire demi-tour, on se retrouve dans un paquet de coureurs qu’il faut doubler sur un sentier étroit et raide. On rejoint le second juste avant d’attaquer la partie montagne et on nous annonce 4’30’’ de retard sur Olivier… un peu dur comme sanction.
Je troque ma petite ceinture porte fiole contre un sac comportant couverture de survie, sifflet, coupe vent, et bâtons (matériel obligatoire et vérifié avant de nous laisser partir dans la montagne). Merci à Yoan pour l’assistance précieuse et express. J’attaque assez fort le début de la montée en appuyant bien sur les bâtons pour essayer de rejoindre Olivier rapidement. Nathanaël est bien calé dans mon sillage, et ça me va bien, je suis dans mon rythme. Le sentier très raide au départ, s’adoucit mais devient extrêmement boueux. Ca devient très difficile de progresser. Et dire que certaines personnes payent plusieurs centaines d’euros pour des cures de soins à base de terre mélangée à de l’eau… on sort de ce calvaire pour attaquer de nouveau un sentier plus raide, voire même très raide par endroit. C’est difficile de tenir un rythme élevé. Arrivé sur un replat vers une cabane, des bénévoles nous informent de 6min de retard sur Olivier. Petit coup derrière la tête… il nous a pris encore 1min30’ sur cette partie. Petite descente, dans laquelle Nathanael perd le contact, mais il recolle vite dans la montée suivante. 2 infos à en tirer, il n’est pas à l’aise en descente, mais il est facile en montée. On attaque maintenant la cheminée d’Hurtière. Magnifique endroit. On aperçoit enfin olivier, bien plus haut. Au sommet de la cheminée, on nous annonce 7min30’. Et pan un autre derrière la nuque. Olivier nous fait un joli numéro. Respect ! va-t-il tenir jusqu’au bout ?
Alors que le sommet de la Sure est à vue, le parcours nous fait redescendre bien bas pour ensuite attaquer l’arête sud. Une sacrée bavante raide à souhait et très technique où il faut souvent mettre les mains et dans laquelle les bâtons sont plus embêtants qu’aidants. A mi pente, un chamois vient nous narguer en montrant son aisance sur ces pentes abruptes. Le contraste est saisissant avec la mienne (d’aisance…). Je sens que je n’avance plus. Je dis à Nathanael de passer devant. Ca sent l’hypo à plein nez. Je prends le temps de me ravitailler et je repars sur un rythme bien lent. Le manque de sorties montagne se fait sentir. J’ai notamment oublié à quel point les longues ascensions avec les bâtons sont couteuses en dépenses énergétiques. Bref je me suis fait avoir comme un cadet. Il faut assumer et laisser passer l’orage. Au sommet de la Sure j’ai 10min de retard sur Olivier et 2min sur Nathanael. Et le début de la descente ne va pas m’aider à refaire surface. C’est très technique et avec le manque de lucidité je ne peux pas prendre de risque. La descente est longue avec 1500m D- à dévaler. Difficile au début, la fin se passe mieux et je retrouve des sensations sympas. Mais bon le mal est fait. A St Joseph de Rivière j’accuse 15min sur Olivier et 6min sur Nathanael. JP est là pour m’aider au ravito et bien me booster pour les 18km restants. Je repars donc motivé pour ce dernier tronçon. Motivé mais prudent car je connais bien les difficultés qui arrivent. La première n’est pas trop raide, j’alterne course et marche avec bâtons. La seconde est plus longue et plus raide. J’arrive quand même à courir par endroit. Les jambes sont dures mais j’apprécie ce parcours. A 6km de l’arrivée, je suis surpris d’apprendre qu’olivier est passé il y a 25min et Nathanael 12min. Bon, pas de regret, ils étaient vraiment trop forts pour moi aujourd’hui.

Dernière difficulté, La Vouise. Haut lieu du pays Voironnais… ceux qui connaissent apprécieront le caractère sadique des traceurs du parcours. C’est la dernière, pas de regret, donc je me mets dans un gros rythme de marche et j’appuie fort sur les bâtons. 12min d’un effort intense, si bien qu’au sommet j’ai un peu les yeux dans le brouillard. Il ne reste plus que de la descente, d’abord en chemin puis sur goudron pour terminer. J’attaque cette partie goudronnée par des encouragements de bénévoles. Mais n’ai-je pas fait 100m sur la route que j’entends les bénévoles relancer des applaudissements. Qu’est ce donc ? un coureur qui déboule à grandes enjambées. Il semble avoir un dossard similaire au mien, il doit donc s’agir d’un solo…. Oh non, j’ai pas super envie de finir à bloc, mais pas non plus envie de louper le podium, donc je débranche le cerveau et je me lance dans un dernier effort quasi désespéré. Je me retourne fréquemment et je vois que l’écart se maintient. Je relance comme je peux. Il doit rester 1,5km. Que c’est long. A l’entrée du parc de la Brunerie, l’écart est toujours le même mais je crains qu’il ai gardé des forces pour lancer un sprint final. Je passe à 2m de la ligne d’arrivée où Nath, les enfants et pas mal de copains m’attendent et m’encouragent bruyamment. Oui mais cette maudite ligne est de l’autre côté du petit canal. Il faut d’abord aller passer sur un petit pont pour revenir de l’autre côté. Et hop nouvelle relance, à l’arrache ! sur le petit pont je me dis qu’il lui sera maintenant difficile de revenir. Et en le croisant, alors qu’il est de l’autre côté du canal, il me dit avec un grand sourire qu’il est sur la course en relais… Voilà comment se mettre minable pour des cacahouètes. Je passe la ligne d’arrivée complètement fracassé et sous le regard amusé des organisateurs et des spectateurs qui se demandent pourquoi j’ai terminé de cette manière. Après avoir retrouvé mes esprits et félicité les 2 premiers, je vais voir les organisateurs, qui sont aussi de bons potes, pour leur dire que l’année prochaine, les dossards relais il faudra les mettre en orange fluo !!!

Finalement 3ème en 6h49. Un peu déçu du temps car j’espérai mettre 6h30, mais content d’être monté pour la première fois sur cette montagne que je vois tous les matins depuis qu’on habite dans la région.
Place maintenant à la récup, à la douche, au picnic en famille, à la bière avec les amis, à l’arrivée d’RV, à la remise des récompenses, etc… que des bons moments et le tout sous un magnifique soleil qui a remplacé les averses initialement annoncées.

 

 

 

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