Trail de l'Abbaye de Savigny

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savigny
Servitio monasteriorum

Apocalypse selon Saint Martin de Savigny.
Troisième des sept étapes initiatiques du Challenge des Monts du Lyonnais qui jalonneront l’année 2017, l’édition du Trail de l’Abbaye de Savigny aura été marquée par une météo cataclysmique.
Z, dont la carte Vitale a plus chauffé que les cuisses ces derniers temps, reste au calme et surtout au sec. Je ne m’élance pourtant pas seul: je retrouve le sympathique camarade Richard sur la ligne de départ, qui m’annonce des montées bien raides autant que des prévisions météo peu favorables.

En fait, à choisir entre ça et le cagnard, je crois que préfère l’humidité qui s’annonce: point de surchauffe en vue. A mi-chemin des 22 km annoncés, je déchante: en fait, ce que je préfère, moi, c’est un canapé, un plaid et un bouquin. Rincé par l’effort de la montée dans la gadoue et par la drache qui s’abat sur nous, j’amorce avec joie la redescente à travers bois, retrouvant même quelques forces insoupçonnées.

L’horaire semi-nocturne ne nécessitait en théorie pas de lampe frontale. Prudent toutefois (j’aime en effet beaucoup voir où je mets mes pieds), je l’avais fait suivre dans le sac, et la dégainai dans les bois obscurs, en prenant un certain plaisir à ce mud-downhill durant lequel, en pleins phares, je dévalai la pente boueuse. Je doublai même, ce faisant, quelques concurrents comme un chauffard.

Au dernier ravito, à quelques km de l’arrivée, la lutte pour la deuxième place chez les féminines fait rage devant moi, j’accroche le wagon, et me relance pour les dernières encablures où, seul, j’aurais sans doute levé le pied. Ce dernier tronçon est marrant: les traversées à gué au fond de la vallée (il y en eut plusieurs ce jour) se muent -crue oblige?- en traversée de rivière avec de la flotte jusqu’aux hanches. Boarf, on ne sent pas la différence entre être immergé et à l’air libre, de toute façon.

Je talonne la troisième féminine (et ce, depuis le départ, en fait, cf photo) que je remercie pour cette relance inespérée sitôt la ligne franchie. Je pensais Richard devant moi (il m’avait déposé dans un des multiples raidillons boueux et je ne l’avais pas revu). Virginie l’attend pourtant encore: il arrivera finalement 1/4 d’heure plus tard, après s’être paumé dans la brume et fait 2 bornes de rab. Il en rigole, l'effronté. Sans un sens instinctif de l’orientation, il serait sûrement encore dans cet environnement hostile.

Quelques heures plus tard, on prend la route direction Roanne, pour poser nos chevalets et siroter du rosé dans un petit village médiéval, sous un soleil d’été et de vieilles pierres qu’Alice immortalise en aquarelle. Les jours se suivent et ne se ressemblent pas! 

 

 

 

 

 

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Commentaires  

#1 MaX 13-06-2017 19:07
nous avons vécu visiblement des conditions de course diamétralement opposées. Et j'en tire comme enseignement qu'on s'amuse quand même plus dans la boue et sous la pluie que sous un soleil de plomb !
Veinard ;-)
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