Festival des Templiers

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Marathon des Causses

Quand, au début de l’année, Z et moi-même avions dégainé nos agendas, il fut décidé que le point d’orgue serait le rendez-vous prestigieux du Festival des Templiers à Millau. Nous nous inscrivîmes donc sur le Marathon des Causses, connu pour la rudesse mais surtout la beauté de ces paysages.

L’échéance est arrivée, et, le moins que l’on puisse dire, c’est que la préparation ne fut pas optimum. Pas mal de bobos, de pépins et une lassitude généralisée peu compatibles avec l’évènement. C’est donc en manque de repères et de confiance que je m’aligne, avec Z et 1100 autres concurrents, sur ce beau plateau, dans un ambiance de festival qui propose tous les formats…

Le programme du jour : 38 km et 1700m de D+ dans le cadre magique des Causses, vastes plateaux calcaires aveyronnais surplombant Millau et son célèbre viaduc.

Le départ est donné à midi (comment s’alimenter?) sous un soleil bien inattendu, et la première ascension se fait sans encombre. Je tiens à préciser que cousin Max m’a cédé, il y a quelques semaines, la paire de bâtons qui l’a accompagné dans son prestigieux palmarès, en vue de préparer au mieux la dernière ligne droite de préparation et d’épargner mes tendons d’Achille douloureux. Flanqué de ces ustensiles fort pratiques, je ne souffrirai pas trop lors des montées pourtant vertigineuses du jour. Grâce soit rendue au Maître.

Sur les plateaux, vastes étendues à la terre tantôt sableuse tantôt argileuse et rougeâtre, il faut relancer, en slalomant entre les résineux, sur de nombreux kilomètres. Somptueux paysages, on ne nous avait pas menti! Bizzarement -c’est pourtant plat- je peine assez rapidement, manquant d’énergie… Le premier ravito n’est en fait qu’un point d’eau avant lequel il faut s’attaquer à la seconde ascension, qui fait déjà un peu plus mal -logique implacable- que la première.

On n’accède au premier ravito solide qu’après 24km d’effort. Il s’est mis à pleuvoir et les températures ont chuté. J’enfile un coupe-vent, mais il en faudrait peu pour que je m’écroule, tremblotant, devant la tente de la croix blanche : je n’ai plus une once d’énergie. Je me rue sur les Tuc et les Chips, les boissons sucrées, avec l’élégance de Bud Spencer. Le corps semble apprécier instantanément, et je comprends que j’ai trop puisé dans des réserves trop maigres (la petite collation de milieu de matinée n’aura pas suffi). Avec un peu de charbon dans la chaudière, je repars pour le dernier tronçon - pas des moindres- avec l’intention d’être finisher, ce qui constituerais déjà une belle satisfaction.

Les derniers kilomètres requièrent de bien débrancher le cerveau, sous peine de découragement définitif. Une dernière ascension épique vers le dernier promontoire, face au viaduc, permet de mesurer les difficultés d’autres concurrents: les cris de damnés, les crampeux du bord de la falaise, la fille qui s’agrippe à une touffe d’herbe salvatrice, les pleurs des uns les bras en croix sur le bord du chemin, les yeux caves et hagards des autres… tout cela me fait dire que, à bien y réfléchir, je ne vais pas si mal que çà…

Une dernière descente, avec un groupetto à qui le rythme très raisonnable de fin de course convient bien, et qui glisse de concert sur la terre désormais boueuse du dernier contrefort… au loin, on entend les vociférations du speaker, la musique, la civilisation. On oublie un peu la douleur, on accélère même. D’autres formats de courses se terminent sur le tracé commun: ça bouchonne un peu, ça se bouscule presque. Je franchis la ligne d’arrivée bien cramé, mais assez content.
Je me jure qu’on ne m’y reprendra plus. Quoique?... ;)

Z est déjà dans le camping car parental. Il est arrivé il y a 40 minutes, légitimement satisfait. Il s’avère que je suis finalement 348ème sur les 1100 concurrents du départ, ce qui fait un peu passer la pilule: résultat inespéré au regard du volume d’entraînement.

On passe une nuit moyennement réparatrice après avoir roulé un peu sur le chemin du retour… Le dimanche, pas trop de douleurs… Au soir, je débriefe par mail avec Max… Je viens d’apprendre que notre grand-mère n’est pas au mieux : les mollets endoloris ne sont rien, si ce n’est une chance. On relativise, on pense à elle…

A l’heure où j’écris ces lignes, elle n’est plus là et toute la famille a été réunie dans un dernier hommage, plein d’amour et d’unité. Ca me rappelle, si besoin était, pourquoi je porte les couleurs d’un team qui s’appelle Besacier. LOVE...

 

 

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Commentaires  

#2 jipé 09-11-2017 23:38
A l'instar des templiers tu as porté ta croix pour chercher le Graal...
Belle performance du team from Pelaudie !
Des bises...
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#1 MaX 01-11-2017 06:59
Ah les causses à l'automne... magnifique terrain de jeux pour les amoureux de la nature (baskets aux pieds). Je suis bien content que Z et toi ayez pu découvrir ce joli spot. Bon ok vous n'étiez pas seul, et toute cette foule contraste un peu avec l'esprit sauvage de la région.
Bravo à Z pour sa belle perf et aussi à toi Man, d'une part d'avoir pris le départ et surtout d'être allé au bout de l'aventure. un break salvateur s'annonce avant d'envisager de nouvelles découvertes. Pourquoi pas du côté du Mont Blanc ;-)
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