Saintexpress

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Saintélyon : La Saintexpress 2017

On dira ce qu’on voudra, qu’y a trop de monde, que €xtra$port se gave sur le dos des coureurs et que ça fait cher du kilomètre, que ça pique dans les jambes : la Saintélyon reste un évènement qui me plaît bien, surtout dans ce format -à peu près accessible- des 44km de la Saintexpress.

C’est donc sans véritable entraînement mais avec une envie grandissante et une appétence certaine pour cette période de l’année (et la météo qui va avec), que je prends le départ cette année de ce qui sera ma 3ème édition.

Plusieurs nouveautés, en plus des quelques modifs sur le tracé : je pars sans mon acolyte Z, qui préfère rester au chaud pour cette édition (il n’aura pas été en manque de sorties cette année ;). Pas de participation non plus des cousins Besace, qui se soignent, bien au chaud. Pas de problème, j’irai seul, puisque c’est comme çà.
Autre nouveauté, dont je me réjouis presque, c’est le temps hivernal. On va fouler la neige, et ça fait partie du décorum, selon les années. Le thermomètre est bien en-dessous de zéro.

Vendredi soir, en devisant à la Halle Tony Garnier avec les amis du Team Trail des Coursières, j’entends que l’idéal serait de cramponner sur les hauteurs (les locaux ont vu jusqu’à 20cm de neige glacée) et de changer ensuite de gommes à Soucieu.
Aussitôt dit, je décroche mon téléphone et fait appel à mon pote Fred, qui s’était proposé pour être sur ma route nocturne: il accepte d’assurer un pit-stop à mi-parcours.

CHATELARD, samedi, 23h00
Le départ se passe bien. Très bien, même. Comme l’an dernier, je vais à mon rythme, je déroule assez tranquillement.
J’aime ces températures où ont court aussi pour se réchauffer, la régulation thermique se fait naturellement, ça me convient mieux que n’importe quelles autres conditions. Je suis bien équipé, les fringues sont efficaces, mais surtout les chaussures cramponnent bien… de bonnes sensations…

Je m’attends à trouver la horde d’ATOS à proximité du point culminant (le Signal de St André). Souvenez-vous des années précédentes et de l’ambiance de feu qu’il mettaient au sortir du bois d’Arfeuille… Cette année, sur un nouveau spot stratégique avec une belle vue sur le cortège de frontales qui s’étalent sur à l’horizon, la horde sauvage a installé son nouveau campement!
Et ça vrombit, à des kilomètres on entend le vacarme de cris, de cloches, une mini-foule assemblée là, dans un champ enneigé et battu par des vents glacials, au milieu de la nuit. On traverse un cordon de supporters sans favori, tout le monde a droit à ses encouragements, des feux dans des tonneaux illuminent la nuit et la grande arche turquoise et rose -arc de triomphe au point quasi-culminant- sous laquelle ont passe régénéré.
Je cherche quelques visages familiers… quand soudain tonton Yves débarque à mes côtés, tournoyant autour de moi, s’enquérant de ma bonne forme, hurlant des encouragements avec des cordes vocales déjà bien marquées par toute cette ferveur. Dans la hâte -la scène ne dure que quelques secondes- je ne distingue pas l’objet oblong qu’il brandit et fait tournoyer à bout de bras : une matraque? un parapluie? une vuvuzela? le tison du barbecue? (après coup, Yves m'envoie une photo de l'objet -pas oblong- sur lequel il a passé ses nerfs toute la nuit, afin de produire un max de décibels, cf ci-dessous)
Passé ce sympathique et surréaliste moment d’hystérie familiale, on retrouve le versant moins exposé et moins bruyant, petit à petit, des tronçons d’asphalte.

Arrivé à Soucieu sur les bases de l’an dernier malgré des conditions un peu plus difficiles, je ne désespère pas de réaliser un chrono similaire. D’autant que Fred m’attend, placide, au gymnase de Soucieu avec un bonnet sec et chaud, et des chaussures plus confortables et plus adaptées au bitume majoritaire qui m’attend. Il me dit «  tu dois être à peu près 200ème » (après vérification j’étais alors 199ème: le gars a le compas dans l’oeil). Merci à lui pour cette sympathique assistance…
Une soupe chaude et ça repart, toujours sur le même rythme, machinal, celui où l’on n’a pas trop à réfléchir, si ce n’est à l’endroit où l’on va poser chaque pas.

Passé le 30ème kilomètre, pourtant, je commence à avoir des signes de « moins bien ». Des petites piquées dans les mollets. De brefs étirements, ça repart, mais les douleurs se déplacent dans les cuisses, etc… Arrivé à Chaponost, je mange une demi-douzaine de clémentines, j’en embarque même dans mes poches.

Honteux de ce larcin, je termine en cédant des places et quelques précieuses minutes, et en retardant des crampes qui ne viendront finalement pas. Dommage que ce dernier quart ait coincé, j’étais sur les bases -réjouissantes- de 2016. Je cède finalement 13 minutes à notre temps de l’an dernier, et finis quand même 242ème sur 3000 partants annoncés à Sainte Catherine, c’était presque inespéré. Conformément aux consignes de Pierrick, j’ai kiffé!
 
(Je note les belles participations d'Aurélien, un collègue du TCML, qui finit en 39ème position (!) pour sa première Saintexpress, de Richard qui boucle désormais ses 72 bornes les doigts dans l'pif, de Tim qui augmente la distance chaque année et se dirige tout droit vers les 44 bornes en 2018 ;)...)

Voilà, je bâcle l’habituel repas un peu dégueu d’après course, et remonte dormir à la Chapelle.
Sur les crêtes, des coureurs en ont encore pour de longues heures, et ATOS n’a sûrement pas fini de s’égosiller. A mon tableau de bord, il fait -6°.

 

  

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Commentaires  

#5 jipé 11-12-2017 08:53
Belle perf quand même (au vu de ton appréhension en amont à propos de ton manque de kms d'entrainement)
Bravo! De plus tu m'as semblé moins cramé le lendemain que certaines fois...
La génération 1 (vos parents donc) s'est aussi cramé les mollets les 6 et 7 décembre... pas bcp de distance...un dénivelé abrupt...les 55 marches du 73 grande rue... 52 fois... un bon 500m de D+... autant de D- (et toujours chargés dans les descentes parfois lourdement)... bonne ambiance B2T... logistique nickel... gestion de course impec.. on a toujours su relancer sur les paliers du1er et du 2nd ...efficacité redoutable... une benne de bises à tous
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#4 MaN 06-12-2017 16:25
Damn right... x4 !!
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#3 rom1 06-12-2017 13:24
coucou
bien joué papa
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#2 MaX 06-12-2017 12:36
Super MaN !! une vraie saintexpress, bien hivernale qui laisse des souvenirs inoubliables. Mille BRAVO !
Avec mon père et Noé, après avoir vu le départ de la Saintélyon et être allé encourager les 1ers à St Christo, on a débarqué chez la tribu ATOS vers 2h30 du mat'. La ferveur était un peu retombée par rapport à ton passage, mais que leurs encouragements sont chaleureux pour tous les coureurs. on est resté là bas une bonne heure, le temps de voir passer les 40 premiers solo, puis après une bonne soupe chaude servie par Yves, on a regagné nos pénates, couchés à 4h30 quand même. Je ne le ferai pas tous les ans mais être de "l'autre côté" c'était sympa aussi.
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#1 Z 06-12-2017 12:12
Seulement 13 minutes de plus avec ces conditions, continues à ne pas t'entraîner, ça paie!
Par contre, on en a déjà fait 3 ensemble (2013/4/6), donc ça doit faire 4 mec;)
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